Toulouges : l’IA au cœur de la première édition du concours d’éloquence des lycéens
L’intelligence artificielle (IA) porte-t-elle atteinte à notre capacité de réflexion ? La question était posée aux 15 participants au concours d’éloquence organisé par le Rotary club.
"Une bonne préparation pour le grand oral", a commenté Laurent Lopez, 1er adjoint, professeur de physique-chimie, et membre du jury, présidé par Cécile Brennan-Sardou, ancienne directrice académique, et composé de Corinne Sliwka et Séverine Olive, respectivement présidentes des clubs de Toulouges et de Perpignan ; Rémy Charles Sirvent, directeur de cabinet de l’Inspection académique du département ; Gabriel Ruget, ancien directeur de l’École normale supérieure ; Philippe Comella, chef d’entreprise en informatique et gouverneur Rotary 2025 ; et François Deby, ancien avocat à la cour d’appel de Paris et membre du cercle Rigaud.
Ils sont venus de différents lycées publics et privés de Perpignan, de Saint-Cyprien, de Céret, de Prades, et même de Font-Romeu, avec beaucoup de réflexions pertinentes et pleines de bon sens.
Pour beaucoup de jeunes, l’IA représente la facilité ; un gain de temps, et d’efforts. Tristan ouvre le débat : "Je ne crains pas l’IA, je crains un futur où on confondra réfléchir et recopier". "On s’habitue à ne plus réfléchir, à ne plus faire preuve d’esprit critique", dénonce Élisa. Plusieurs évoquent le danger d’une consommation abusive. "Une régression des capacités de réflexion", dit Louise, qui souligne les erreurs qu’elle et sa mère, professeure de français, ont pu constater dans les réponses de la machine. "L’IA peut inclure des biais cognitifs, des mauvaises informations", confirme Zachary. Yendi explique, "L’IA ne réfléchit pas, elle assemble les données que nous lui apportons".
Nissy affirme l’importance de "penser par soi-même". "Le danger, c’est que nous devenions passifs". Hugo questionne : "Ça ne vous choque pas, que nous devions prouver notre humanité à une machine quand on veut se connecter à un site, en cochant des cases ?" Il conclut son argumentation par ces mots : "L’humain est le penseur. Je ne voudrais pas exister dans un monde où on ne pourrait plus penser."
Un prix d’honneur a été décerné à Nina Louise, de Saint-Cyprien et Yendi de Font-Romeu ; Zachary, lycéen cérétan, âgé de seulement 12 ans, a obtenu le prix spécial ; deux 3e prix ont été attribués à Matthieu, de Font-Romeu, et Hugo de Prades ; le 2e prix est revenu à Nissy, de Font-Romeu et le 1er prix à Tristan, du lycée Arago de Perpignan.